Ne pas confondre authentification d’identité
et attestation de qualité
1/ L’authentification d’identité

Affirmer une identité est le rôle de la signature.
Qu’il s’agisse d’un paraphe, d’une empreinte digitale ou de tout autre procédé exclusif d’un individu, la signature permet de relier diverses transactions à une seule et même personne. La simple signature n’apporte aucune autre information que sa reproductibilité et n’a donc pas de signification propre.
Authentifier une signature, c’est lui conférer un sens, c’est-à-dire la corréler avec de l’information concernant le signataire. Pour authentifier une signature, il faut disposer d’une source crédible (une «pièce d’identité») qui rapporte la signature à son auteur (nom et adresse) et à d’éventuels attributs de celui-ci (par exemple ses qualifications reconnues).
En pratique, quand une personne délivre sa signature pour la première fois auprès d’un interlocuteur, elle produit généralement un document certifiant son identité officielle, de sorte que la signature seule suffit comme authentifiant lors des transactions ultérieures.
Dans l’authentification d’identité, il y a donc trois composantes :

1. identifier une signature (reconnaître qu’il s’agit d’une seule et même personne) ;
2. certifier l’identité (la rattacher à une source nominative officielle) ;
3. en garantir des attributs (caractériser la personne selon certains critères actualisés).

Sur l’internet, un simple mot de passe est une signature dans la mesure où il caractérise un seul et même individu, mais il est facile à contrefaire et ne permet pas d’authentifier l’identité du signataire avec ses attributs. Pour assurer l’exclusivité d’une signature sur l’internet, il existe divers procédés de chiffrement qui visent à empêcher la contrefaçon, désignés globalement par le terme de «signature électronique». Il existe d’autre part diverses méthodes pour authentifier une identité sur l’internet ; elles nécessitent inévitablement d’utiliser un code individuel délivré par un tiers, qui révèle un certain nombre de données nominatives et tient lieu de document descriptif garanti par une autorité compétente.


2/ L’attestation de qualité

Lorsqu’une personne se présente, il est généralement utile (et souvent indispensable) de connaître sa qualité, c’est-à-dire de savoir à quelle catégorie elle appartient. Dans la vie courante, on ne s’adresse pas de la même manière à toutes les catégories de personnes, on ne leur confie pas les mêmes choses et l’on ne leur accorde pas le même crédit. Pour autant, leur nom n’est parfois d’aucune utilité et, dans de nombreuses circonstances, on n’exige pas de connaître l’identité des gens alors qu’on souhaiterait être certain de leur qualité.
Par exemple, il n’est pas nécessaire de connaître personnellement un prêtre pour se confesser à lui et, bien au contraire, on peut préférer un anonymat réciproque. De même, on n’a pas besoin de savoir le nom d’un employé auquel on demande un renseignement, pourvu qu’on soit sûr de sa compétence. Il est également inutile de contrôler l’identité de chaque entrant dans une zone réservée si l’on peut vérifier qu’il détient une autorisation.
Comment être sûr de la qualité des personnes auxquelles on s’adresse ? En pratique, on se fie souvent à l’apparence : à l’hôpital, ceux qui arborent une blouse blanche et un stéthoscope sont réputés être des médecins et, au tribunal, ce sont les juges qui portent l’hermine ; le gendarme se reconnaît à son uniforme et le chauffeur de taxi à son véhicule ; le plus souvent, c’est une pancarte ou un badge qui permet de repérer l’hôtesse, l’animateur, le responsable technique... Nombre de fonctions utilisent un signe de reconnaissance explicite comme les caducées des professions de santé, la cocarde des maires ou la balance des avocats.
Bien qu’on ne soit jamais à l’abri d’un imposteur, les indices disponibles suffisent dans la vie courante pour attester de la qualité d’une personne. En particulier, on fait généralement confiance à la plupart des professionnels que l’on consulte, sans exiger qu’ils prouvent leur qualification. La relation téléphonique, qui prive de repères visibles et d’environnement informatif, rend plus méfiant. Certains peuvent se laisser gruger par un inconnu habile, mais le problème reste circonscrit à deux interlocuteurs isolés.
Sur l’internet, où l’anonymat représente une indispensable protection de la vie privée, les relations manquent totalement des repères qui permettent habituellement d’évaluer ses interlocuteurs, alors que le besoin de confiance est démultiplié par la myriade de contacts qui s’y nouent. L’attestation de qualité s’y révèle donc un problème aigu et bien spécifique.


3/ Le cas des professionnels de santé

Il faut distinguer deux types de circonstances :

* celles où un professionnel est tenu d’authentifier son identité ;
* celles où il lui est simplement nécessaire d’attester son statut, sans avoir à s’identifier.

L’authentification d’identité est indispensable pour tout acte professionnel impliquant une responsabilité légale ou administrative. C’est évidemment le cas de la signature d’une ordonnance, d’une feuille de soins ou d’un certificat, mais aussi de la dispensation d’un soin ou de la formulation d’un diagnostic, quelles qu’en soient les circonstances.
L’attestation professionnelle est d’une autre nature : il s’agit d’une simple information dans le cadre de la relation à autrui - comme, par exemple, l’usage qui veut que l’on appelle les médecins « Docteur ». Le caducée est le type même d’une attestation anonyme, qui annonce le statut du conducteur d’un véhicule sans révéler son identité et peut lui permettre de stationner à prix réduit ou de pénétrer dans l’enceinte d’un hôpital.
Sur l’internet, il peut être utile de signaler sa qualité de médecin, mais il doit être possible pour un praticien de naviguer sans laisser des traces nominatives, et son identification ne saurait être qu’une démarche volontaire dans le cadre d’une transaction équitable.
Quant aux webmestres, il est important pour eux de connaître la qualification des personnes qui se présentent sur leur site afin de pouvoir réserver des espaces aux professionnels et d’adapter leur offre à leurs visiteurs effectifs.
D’autre part, l’attestation professionnelle pourrait permettre au public de juger la crédibilité des opinions émises dans des forums. D’où l’importance d’un procédé permettant l’attestation anonyme du statut professionnel, indépendamment de tout moyen d’authentification, lui-même nécessaire dans certaines occasions.

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